Rainbow Rowell, une auteure à découvrir de toute urgence

Rainbow Rowell est une auteure méconnue qui gagne à être beaucoup plus mise en valeur. Je la compare volontiers à John Green (Nos étoiles contraires, La face cachée de Margot) car elle aussi sait parler aux sentiments des ados et des adultes, je dois même dire qu’elle m’a plus émue que ce dernier, le style littéraire et les sujet me touchant plus. Voici trois livres pour la découvrir, de celui que j’ai le moins aimé jusqu’à mon coup de cœur intégral.

 

Fangirl : Cath et Wren, deux jumelles inséparables, sont de grandes fans de la série Simon Snow. Mais pour Cath, cet engouement vire à l’obsession, si bien que Wren, qui entend profiter de la vie estudiantine, lui annonce qu’elles feront chambre à part à la fac. Projetée dans un univers hostile où tout le monde méprise sa passion, Cath tombe sous le charme d’un garçon obnubilé par la littérature.

Pour ceux qui lisent et/ou écrivent des fanfic (= fan fiction, c’est-à-dire inventer des histoires avec les personnages, lieux et univers d’un auteur), Fangirl ne pourra que leur parler et les faire sourire. Car oui, Cath est auteur de fanfiction de l’univers Simon Snow (spoiler qui n’en est pas un : en fait remplacez Simon Snow par Harry Potter) si bien qu’elle se noie littéralement dedans. Qui n’a jamais eu de passion un peu trop envahissante ? Qui n’a jamais quitté le cocon familial un peu trop tôt, un peu trop vite pour se lancer dans le bain bouillonnant et frémissant de la vie étudiante/active ? On finit toujours par se retrouver quelque part dans Cath.

 

Attachement : Lincoln est chargé, dans son entreprise, de surveiller les e-mails de tous les employés. Il parcourt avec attention les échanges entre Beth et Jennifer. Sans même l’avoir vu, Lincoln va tomber amoureux de Beth, mais ne sait comment lui déclarer sa flamme sans passer pour un fou. D’autant que la jeune femme semble avoir un faible pour un inconnu qui travaille dans le même immeuble…

Premier livre découvert, premier coup de cœur pour cette petite pépite d’humour et d’amour. Avouons-le, qui n’a jamais eu peur qu’au sein de son entreprise quelqu’un lise les mails plus ou moins professionnels qu’on peut envoyer de sa messagerie ?! Et bien on est directement dedans ici. De quoi vous faire arrêter d’envoyer des mails perso du boulot ! Du coup, il est très facile de s’identifier tour à tour à Lincoln, tiraillé entre devoir et désir et Beth, complètement inconsciente de ce qui est en train d’arriver. C’est original (et pourtant hautement probable), c’est bien écrit, c’est juste génial.

 

Eleanor & Park : Etats-Unis, 1986. Eleanor est une lycéenne trop rousse, trop ronde, harcelée par tout le monde au lycée. Dans le bus scolaire, elle a l’habitude de s’asseoir à côté de Park, un garçon timide qui l’ignore poliment. Peu à peu, les deux lycéens vont se rapprocher, liés par leur passion commune pour les comics et les Smiths.

C’est le dernier livre que d’elle que j’ai lu et pourtant c’est celui qui m’a le plus chamboulée le cœur et le ventre. Peut-être parce que j’ai une étrange fascination pour le milieu scolaire américain, une espèce de jalousie latente de n’avoir pu vivre ma scolarité « comme dans les films » avec bal de promo à la clé. Bref, je m’égare. Ici la réalité est nue (et parfois moche) : harcèlement scolaire, situation familiale horrible, peur de l’inconnu(e), amitié, amour, découverte, bref, énormément de choses qui font qu’on rentre dans l’histoire au bout du second chapitre. On se retrouve nous aussi sur cette banquette du bus scolaire et on voit/vit cette relation naissante entre Eleanor et Park. C’est un réalisme simple, sans fard et sans drama excessif, tout peut malheureusement être réel et nos héros ne sont pas des super-héros de livres pour ados. C’est tellement juste, tellement libérateur. Et ça met des mots là où l’on n’y arrive pas. Je vous laisse sur cet extrait ô combien fort et vrai :

 

« Ses parents ne parlaient jamais de la manière dont ils s’étaient rencontrés, mais quand Park était petit, il s’amusait à l’imaginer.

Il aimait la façon dont ils s’aimaient. C’était à ça qu’il pensait quand il se réveillait en sursaut au milieu de la nuit. Pas au fait qu’ils l’aimaient lui ; c’étaient ses parents, ils étaient forcés de l’aimer. Mais au fait qu’ils s’aiment, eux. Rien ne les y obligeait.

Tous les parents de ses copains s’étaient séparés, et dans tous les cas, il semblait que la séparation était la principale raison pour laquelle ses potes étaient partis en sucette.

Mais les parents de Park s’aimaient. Ils s’embrassaient sur la bouche, peu importe qu’il y ait des témoins ou pas.

Quelles étaient les probabilités de rencontrer quelqu’un comme ça ? se demandait-il. Quelqu’un qu’on aime pour toujours, quelqu’un qui vous aime en retour ? Et comment faisait-on quand cette personne voyait le jour de l’autre côté de la planète ?

Les probabilités lui échappaient. Comment ses parents avaient-ils eu autant de veine ?

Ils ne s’étaient peut-être pas dit qu’ils avaient de la chance à l’époque. Le frère de son père venait de mourir au Vietnam ; c’est pour ça que son père avait été envoyé en Corée. Et quand ses parents se sont mariés, sa mère a dû abandonner tous ceux et tout ce qu’elle aimait derrière elle.

Park se demandait si son père avait remarqué sa mère dans la rue, ou au bord d’une route en voiture ou au restaurant où elle travaillait. Il se demandait comment ils avaient su tous les deux… »

 

Fangirl : voir la disponibilité
Attachement : voir la disponibilité
Eleanor & Park : voir la disponibilité

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