Où le regard ne porte pas / Olivier Pont

Deux tomes manifestement liés et pourtant si différents… Le premier volume raconte l’histoire de quatre enfants sans qu’on sache trop ce qui les rapproche, à la manière d’un Pagnol (des étrangers mal accueillis par un petit village du bord de la Méditerranée). Le second dérive à la lisière du fantastique. Où le regard ne porte pas est, dès le départ, un titre pour le moins énigmatique qui livrera son secret dans son second et dernier tome. On est tout de suite captivé par le vertige d’une couverture qui ne laisse rien filtrer du contenu du récit. Le charme commence à opérer et déjà vous pouvez entendre le roulis des vagues… ou bien ne serait-ce que le bruissement des pages ?

Le dessin d’Olivier Pont est élégant et expressif. Les personnages possèdent de ces traits qui marquent le lecteur ; fermés et secs lorsqu’ils dépeignent Marallo, joviaux et ronds quand ils appartiennent au père de William.

Les décors sont aussi l’un des points forts de cet album. Certaines pauses, contemplatives, permettent au lecteur de s’attarder un instant au niveau d’une coccinelle sur son brin d’herbe. Pont introduit ici une sorte de respiration graphique qui s’accorde parfaitement avec la douce torpeur du récit. Les nuances de bleu et de grès sont stupéfiantes. A travers l’amitié qui liait les enfants dans un petit village d’Italie en 1906, le tome 1 était tour à tour drôle, émouvant, et incroyablement triste. Dans le second tome, on retrouve donc William, Lisa, Nino et Paolo vingt ans plus tard, réunis au Costa Rica à la demande de Lisa, qui vient de faire une fausse couche et demande à ses amis de l’aider à retrouver son compagnon. Les quatre amis voyagent dans la jungle et le passé afin de retrouver cet homme disparu qui est la clé de tout. Le thème central des vies antérieures apporte une gravité tout juste effleurée auparavant. Devenus adultes, Paolo, William, Lisa et Nino prendront conscience de ce lien indéfectible qui les unit à travers le temps. Ce qui n’était qu’un jeu deviendra alors une véritable quête de sens.

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