Une plaie ouverte / Patrick Pécherot

Le 14 mars 2017, la médiathèque Championnet accueillera avec un grand vrai plaisir Patrick Pécherot, auteur plusieurs fois primé d’une dizaine de polars, dont « Les brouillards de la Butte » qui a reçu le Grand prix de littérature policière 2002.

Si on aime le roman noir historique qui a trait à l’histoire française contemporaine, impossible de passer à côté de Patrick Pécherot depuis qu’à l’orée des années 2000 il s’est lancé dans sa trilogie du Paris de l’Entre-deux-guerres avant d’enchaîner sur la Première Guerre mondiale avec « Tranchecaille » et les milieux anarchistes du début du XXème siècle « L’homme à la carabine ». On recule encore un peu avec cette Plaie ouverte qui s’étend de la Commune de Paris à 1905 en passant par l’Affaire Dreyfus.

« Une plaie ouverte », son dernier roman publié en 2015, s’attache aux pas de Marceau, communard proche des milieux artistiques de l’époque lancé à la recherche, obsessionnelle, du mystérieux Dana. Révolutionnaire ? Membre du peloton d’exécution qui a œuvré rue Haxo pendant la Semaine sanglante ? Truand et truqueur ? Nul ne sait qui est vraiment cet homme dont on dit qu’il aurait fui vers l’Amérique. Et le personnage a vraiment existé.

Enquête éclatée, à l’image des souvenirs brouillés par le laudanum qui fait encore avancer Marceau, « Une plaie ouverte » surprend dans sa construction et joue avec intelligence de cette figure spectrale de Dana, nimbant le récit d’une touche qui peut aussi bien être de la folie,  que du mythe ou du fantastique. Et puis, ce faisant, comme à son habitude, sans effets de manche, Patrick Pécherot fait revivre des époques, tâche d’en tirer l’essence, en se plaçant au milieu des hommes. Il y a la langue, bien sûr, le parler populaire rendu avec subtilité, les scènes de vie – ou de mort – qui s’impriment sur la rétine du lecteur : le bouillonnement de la Commune, le violent retour à l’ordre et l’apparition d’une nouvelle forme de fabrication de mythe avec la naissance du cinéma que l’on suit aux côtés de l’ami de Marceau, Charles Pathé. Et les premiers westerns arrivés des États-Unis et vite suivis par le Wild West Show de Buffalo Bill.

Étonnant, parfois déstabilisant mais toujours d’une impressionnante justesse, « Une plaie ouverte » marque, quatre ans après « L’homme à la carabine », le réjouissant retour de Patrick Pécherot.

Vivement le 14 mars !

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