Révolution / Sébastien Gendron

Ah ces jeunes et leur révolution ! Mais vous n’y êtes pas du tout chers lecteurs ! Pandora et Georges sont quadras, ce ne sont plus « des perdreaux de l’année ».

Georges Berchanko et Pandora Guaperal ont un point commun : ils bossent tous les deux dans l’agence Vadim intérim, « une boîte bien pourrie qui les exploitent jusqu’au trognon ». Et cela pourrait continuer. Jusqu’à ce que, sur une erreur toute bête, Georges se retrouve avec une voiture, une liasse de billets et un flingue. Et que Pandora soit à deux doigts de se faire lyncher suite à un boulot « dégueulasse » de plus.

Pandora et Georges décident de pousser le peuple à se révolter. Comptant sur leur capacité à convaincre un public captif et peut-être aussi un peu sur une forme de syndrome de Stockholm, ils décident d’interrompre le chassé-croisé des juillettistes et aoûtiens. Campée au milieu d’un viaduc autoroutier avec une orthèse maintenant son bras armé contre sa tempe, Pandora menace de se faire « sauter le caisson » si les Français moyens coincés dans les dizaines de kilomètres d’embouteillages ainsi provoqués ne se décident pas à faire la révolution. Le tout baigné par la musique protestataire lancée par l’animateur d’une radio locale qui a baptisé Pandora « Lady Gun ».

Cette téméraire prise d’otage est prétexte à de belles envolées désopilantes, des parodies de scènes d’action et de violence – débandades hilarantes, personnages incontrôlables – mais aussi à évoquer le malaise social des précaires – souvent dénigrés -, la loi du marché et ses victimes, la résignation ambiante. Et n’oublions surtout pas cette détermination féminine qui peut déplacer des montagnes. Faites la révolution aux côtés de Pandora et Georges ! Et ça ira.

Extrait : « J’en ai rien à foutre d’être traitée d’extrémistes par des gens qui manipulent l’information pour effrayer tout le monde. Moi, ce que je veux, c’est que les gens se révoltent. Dans ce pays, c’est tout à fait légitime. Des révolutions ici, il y en a eu et elles ont changé le monde. Regardez ce que la France est devenue depuis. Vous vous souvenez de cette ministre de l’Intérieur qui proposait au Parlement d’envoyer nos experts de la police nationale pour aider Ben Ali à mater la révolution tunisienne ? Une ministre de la V° République, héritière directe d’une démocratie qui s’est construite grâce à un soulèvement populaire plus de deux cent ans auparavant ! Notre classe dirigeante ressemble de plus en plus à celle qu’on a envoyée à la guillotine en 1789. Des gens qui n’ont plus aucun rapport avec le peuple et un peuple qui les traite de pourris et s’éloigne de plus en plus des urnes. Vous trouvez ça normal ? Pas moi. Je trouve ça à vomir. »

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