Detroit / Kathryn Bigelow

États-Unis, 1967. Detroit est la cinquième cité du pays. Encore florissante, elle abrite une population à plus de 40 % noire – les descendants de ces « immigrés » venus en masse du Sud pour travailler dans l’industrie automobile qui fit la gloire et la richesse de cette motor city. C’est une époque où les tensions entre communautés sont vives (le pasteur King sera abattu l’année suivante) et il suffit d’une échauffourée dans un bar pour que tout explose. Les magasins sont pillés, les émeutes se multiplient et les quartiers noirs, encerclés par l’armée, soumis au couvre-feu, s’embrasent. La répression policière (95 % des policiers de Detroit sont blancs) sera terrible…

Au plus proche de l’histoire réelle, ce film coup de poing, mis en scène par Kathryn Bigelow, retrace ces événements à travers l’itinéraire de trois protagonistes qui, étrangers à cette révolte, vécurent une nuit d’enfer au motel Algiers, de sinistre mémoire. Parmi ces trois destins, le plus émouvant est sans doute celui de Larry (Algee Smith), chanteur talentueux des Dramatics, groupe vocal de rhythm n’ blues, comme il y en avait tant à l’époque. Car Detroit fut aussi la ville de la Motown, ce célébrissime label produisant de la musique faite, interprétée et produite par des Noirs « pour faire danser les Blancs », comme le dit avec amertume l’un des personnages du film. Réalisé de main de maître, servi par des interprètes plus talentueux les uns que les autres, Detroit est un long métrage à ne pas manquer.

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